
On parle souvent du burn-out comme d'un mur qu'on percute d'un coup. En réalité, ce n'est presque jamais le cas. Avant la surcharge chronique, il y a des semaines, parfois des mois, pendant lesquels le corps essaie de dire quelque chose. Le problème, c'est qu'on a appris à ne pas l'écouter.
En cabinet à Tours, je reçois régulièrement des dirigeants et des indépendants qui me disent la même chose : "Je n'ai rien vu venir." Sauf qu'en creusant un peu, les signaux étaient là depuis longtemps. Ils avaient juste été rangés dans la case "fatigue normale" ou "ça va passer."
Voici les signaux les plus fréquents, ceux qu'on ignore le plus facilement parce qu'ils semblent anodins pris un par un.
La mâchoire serrée en permanence
C'est souvent le premier signe, et le plus discret. On se réveille avec les dents serrées, on a mal aux tempes en fin de journée, on ne s'en rend même plus compte tellement c'est devenu habituel. La mâchoire est reliée à des zones du cerveau qui gèrent la vigilance et le contrôle. Quand elle reste crispée toute la journée, c'est que le corps reste en alerte, même quand rien de dangereux ne se passe réellement autour de vous.
Un sommeil qui ne répare plus
Dormir sept ou huit heures et se réveiller quand même épuisé, ce n'est pas un problème de quantité. C'est un problème de qualité, et souvent un signe que le corps ne parvient plus à basculer dans un état de récupération réelle, même pendant le sommeil. On peut dormir longtemps et rester en état d'alerte toute la nuit sans même en avoir conscience.
Les épaules qui remontent
Regardez la position de vos épaules la prochaine fois que vous répondez à un mail urgent ou que vous préparez une réunion difficile. Chez beaucoup de dirigeants, elles remontent vers les oreilles sans qu'ils s'en aperçoivent. Répété plusieurs heures par jour, ce mouvement laisse une tension qui ne se relâche plus vraiment, même le soir, même le week-end.
Une irritabilité qui ne vous ressemble pas
Ce n'est pas une question de caractère. Quand le corps fonctionne en surrégime depuis trop longtemps, le seuil de tolérance baisse mécaniquement. Une remarque anodine, un retard, une question posée au mauvais moment, et la réaction est disproportionnée. Beaucoup de dirigeants culpabilisent de cette irritabilité sans comprendre qu'elle est une conséquence physiologique, pas un trait de personnalité qui aurait soudainement changé.
Le besoin constant de contrôler
Vouloir tout vérifier, tout relire, tout garder sous les yeux, ce n'est pas toujours de la rigueur professionnelle. C'est parfois un moyen que le corps trouve pour se rassurer quand il ne se sent plus en sécurité. Plus la charge augmente, plus ce besoin de contrôle devient envahissant, jusqu'à devenir lui-même une source d'épuisement.
Pourquoi ces signaux passent inaperçus
Ce qui rend ces signes difficiles à repérer, c'est qu'ils s'installent progressivement. Le corps s'habitue, et ce qui était au départ une tension inhabituelle devient un état de fond qu'on ne remarque même plus. On continue à fonctionner, souvent très bien en apparence, pendant que l'intérieur accumule une fatigue qui ne se voit pas dans un agenda ou un tableau de bord.
C'est justement ce décalage qui pose problème : tant que la performance tient, personne ne questionne l'état du corps qui la soutient. Et c'est souvent au moment où on s'y attend le moins que la fatigue finit par se rappeler à nous, parfois brutalement.
Ce qu'on peut faire avant que ça devienne urgent
Repérer ces signaux tôt ne demande pas une remise en question complète de votre vie professionnelle. Ça commence par accepter de les regarder, sans les minimiser et sans se juger. C'est exactement le travail que je mène avec les dirigeants que j'accompagne à Tours et en visio : partir du corps, comprendre ce qu'il essaie de dire, et redonner de la marge avant que la situation ne devienne intenable.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signaux, ce n'est pas un signe de faiblesse. C'est une information précieuse, qui arrive à temps si vous décidez de l'écouter maintenant.
Psychopraticienne Corporelle à Tours, j'accompagne les dirigeants en surcharge chronique à travers le programme Renaissance Corps-Esprit, en cabinet ou en visio.
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