
Il y a un phénomène que beaucoup de dirigeants et d'indépendants connaissent sans se l'expliquer : les premiers jours de vacances, au lieu d'apporter le repos attendu, apportent un rhume, une migraine, une fatigue soudaine, parfois une envie irrépressible de dormir pendant deux jours d'affilée.
On s'en veut. On se dit qu'on a "raté" ses vacances, qu'on est décidément incapable de se reposer normalement. Pourtant, ce moment n'est ni un hasard, ni un échec. C'est souvent le signe que quelque chose fonctionne enfin comme il le devrait.
Le bruit qui couvrait tout
Tant que nous sommes absorbés par nos responsabilités professionnelles, notre attention reste tournée vers l'extérieur : les échéances, les décisions à prendre, les urgences à gérer. Cette agitation permanente a un effet secondaire peu connu : elle couvre ce qui se joue à l'intérieur du corps.
Une tension dans les épaules, une digestion perturbée, un sommeil déjà fragile depuis des semaines, tout cela reste à l'arrière-plan tant que l'urgence extérieure occupe le devant de la scène. Le corps continue de fonctionner, tant bien que mal, parce qu'il n'a pas d'autre choix.
Puis les vacances arrivent. Le bruit diminue. Et ce qui était couvert devient soudain audible.
Le symptôme comme signal de sécurité, pas comme échec
Il existe une idée reçue selon laquelle le corps nous "lâche" au pire moment, précisément quand nous avons enfin du temps pour en profiter. Mais si on regarde les choses autrement, ce moment n'est pas un abandon du corps. C'est peut-être la première fois qu'il se sent suffisamment en sécurité pour parler.
Un organisme qui reste en état d'alerte prolongé n'a pas le luxe de tomber malade en pleine crise professionnelle : il faut tenir, continuer, gérer. Ce n'est souvent qu'une fois les conditions extérieures apaisées que la fatigue accumulée, la tension retenue, ou une vulnérabilité jusque-là contenue, trouvent enfin l'espace pour se manifester.
Ce n'est pas un échec des vacances. C'est parfois le premier signe que l'organisme recommence à faire confiance à son environnement.
Ce que cela change concrètement
Comprendre ce mécanisme ne suffit pas toujours à l'empêcher de se produire. Mais cela change la façon de le traverser :
- Ne pas se juger pour ces premiers jours difficiles, comme s'ils étaient une faiblesse ou un manque de discipline à récupérer plus vite.
- Laisser le corps traverser ce moment, plutôt que de vouloir immédiatement reprendre une activité ou "profiter" à tout prix, ce qui reviendrait à demander au corps de continuer à se taire.
- Prendre ce moment comme une information, pas comme un problème isolé : si le corps se manifeste aussi fort dès que le rythme ralentit, c'est qu'il portait probablement bien plus de tension que ce que la tête avait accepté de reconnaître pendant l'année.
Et si on écoutait avant l'été prochain ?
La vraie question n'est peut-être pas comment éviter ce moment difficile en début de vacances, mais comment éviter d'arriver à un tel niveau de tension accumulée que le corps n'a que ce moment-là pour s'exprimer.
Cela suppose d'apprendre à repérer les signaux plus tôt, dans le cours de l'année, plutôt que d'attendre que le corps n'ait plus d'autre choix que de s'arrêter pour se faire entendre. C'est précisément le travail que je mène avec les dirigeants et indépendants que j'accompagne : apprendre à reconnaître ce que le corps signale, bien avant qu'il ne soit contraint de le crier.
Vous vous reconnaissez dans ce mécanisme ? Un premier échange de 15 minutes, confidentiel et sans engagement, permet de faire le point sur votre situation. Cabinet à Tours ou en visio.
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